C’est dans le bus direction le Caire, après un séjour de 48 heures à l’Oasis de Siwa, que nous avons décidé de recontacté Ali, un chauffeur de taxi que nous avions rencontré lors de notre première journée au Caire. Nous voulions savoir s’il était disponible le lendemain pour visiter des pyramides de Saqqarah et de Dahchour.
Timing parfait ! Ali était disponible. Vers 9 heures du matin, nous avons retrouvé Ali devant la station de GoBus, sur la place de Tahrir. Les chauffeurs de taxi connaissent bien cet endroit et savent que de nombreuses personnes y cherchent un moyen de transport lors de leur arrivée depuis Siwa. Malgré la concurrence des nombreux chauffeurs criant « Taxi, Taxi » dès que nous sommes descendus du bus, nous avons rapidement repéré Ali.
Avant de débuter notre aventure, nous avons fait un arrêt café. Même si ce n’était pas une option très locale, nous avons choisi le Starbucks situé de l’autre côté de la rive, au bord du Nil, pour savourer un café revigorant. C’était essentiel après une nuit complexe dans le bus.
Rechargés par nos cafés, changés et avec des dents bien brossées, nous avons pris la route en direction de Dahchour. Comptez environ une heure à une heure trente de trajet depuis le centre du Caire pour atteindre cette destination.
Pendant notre trajet, nous avons eu l’opportunité d’admirer les paysages égyptiens, notamment les vastes champs agricoles, les pittoresques villages, les dunes de sable, et même le Nil, qui est visible à certains moments du parcours. Malheureusement, en parallèle, nous avons également été témoins de la triste réalité de la pollution et de l’accumulation de déchets le long de la route. Cette vision était déchirante. Voir ces communautés et animaux vivre dans un environnement si dégradé nous a fait mal au coeur.

Avant de plonger dans l’exploration des pyramides de Dahchour, qui jouent un rôle clé à la fois en termes d’architecture et de contribution à l’histoire de la construction pyramidale en Égypte, il est important de noter qu’Ali, notre chauffeur de taxi, est également guide touristique. Cette double casquette a largement enrichi notre expérience. Grâce à ses connaissances, nous avons eu l’opportunité d’en apprendre davantage sur ces lieux tout au long de la journée, ce qui a ravi notamment Rudy, passionné par l’histoire de l’Égypte. En fait, il a tellement été investi dans ce sujet qu’il a même surpris Ali par ses connaissances.
Revenons à nos pyramides. Le complexe de Dahchour est véritablement fascinant. C’est l’endroit où l’on passe des pyramides à degrés que nous observerons plus tard à Saqqarah aux pyramides à faces lisses. Notre visite s’est concentrée sur trois pyramides en particulier.

La première, la pyramide rhomboïdale. Aussi connue sous le nom de la pyramide de Snéfrou. Elle se distingue par une forme particulière, due à ces faces en forme de losange, et non de triangle, et aux parois lisses.
Pour la petite histoire, les travaux de construction de la pyramide ont débuté avec un angle très prononcé de 54°. Cependant, à une hauteur de 49 mètres, les ingénieurs ont constaté des problèmes. Le sol mou, composé de sable et d’argile, ne pouvait pas soutenir le poids de la pyramide et montrait déjà des signes d’affaissement. Pour remédier à la situation, les ingénieurs ont rapidement modifié l’angle de la pyramide, le ramenant à 43°.
De ce fait, la hauteur finale de la pyramide a atteint 105 mètres au lieu des 128 mètres initialement prévus, ce qui a considérablement allégé la structure. L’histoire de ces ajustements et de ces erreurs fait de cette pyramide rhomboïdale un sujet fascinant.
Malgré le fait que cette pyramide soit grandiose, Snéfrou n’était pas satisfait de la forme de cette dernière suite au changement d’angle en cours de construction. Il a donc fait construire une seconde pyramide à quelques dizaines de mètres de là.
Il s’agit de la pyramide rouge. Elle doit son nom à sa structure de pierres rougeâtres, ayant depuis longtemps perdu son revêtement de calcaire blanc.
Cette fois, la construction s’est déroulée sans encombre, faisant de ce monument la première véritable pyramide à faces lisses d’Égypte. Snéfrou, le pharaon, y a d’ailleurs trouvé sa dernière demeure. Son tombeau est d’ailleurs ouvert au public. Pour y accéder, il vous faudra emprunter son passage intérieur long de 63 m après avoir gravi les 125 marches qui mènent à son entrée.



Une anecdote amusante : après avoir exploré le tombeau, nous avons quitté le site en compagnie d’Ali, et tous les trois, nous avons été pris d’un fou rire. En fait, alors que nous étions encore en train de nous imprégner de l’atmosphère du lieu, une guide française, située à quelques mètres de nous, a entonné un chant lyrique en hommage à Snefrou.
Le pharaon étant soucieux de garder sa femme à ses cotés, et ce même dans l’au-delà, il a ordonné la construction d’une pyramide, bien plus petite que les siennes, pour sa femme, Hetepheres. C’est d’ailleurs, la première pyramide que nous avons découvert de l’intérieur plus tôt dans la journée.
Avant d’enchainer avec la nécropole de Saqqarah, Ali nous a conduit dans un restaurant où il déjeune régulièrement lors de ses visites guidées.
À l’entrée, nous avons pu déguster un baladi, le pain typique égyptien préparé juste sous nos yeux par des femmes assises face au four. Nous avons pu y manger de nombreuses spécialités locales et savourer un délicieux jus de fraises, clairement la boisson qui nous a accompagné toute une partie du voyage.

Après une quinzaine de kilomètre, nous voilà arrivés à Saqqarah. Ce complexe est un lieu véritablement unique, ayant servi de cimetière sur une période de plus de 3500 ans. De par ses 7 km2, il est le plus vaste site archéologique de toute l’Égypte. Les fouilles ne sont toujours pas finies à ce jour, c’est dire !
On commence notre visite par la pyramide de Téti. À l’origine, la pyramide mesurait environ 52 mètres de côté et atteignait une hauteur d’environ 43 mètres. Malheureusement, son état s’est énormément dégradé au fil des siècles et à ce jour, on distingue difficilement la pyramide.
L’intérieur lui, a gardé de sa splendeur et contrairement aux pyramides visitées la matin à Dahchour, il ne nous aura pas fallut descendre très longtemps avant d’emprunter un long couloir et d’arriver dans un vestibule qui dessert la chambre funéraire et une anti-chambre.


À peine entrés dans la chambre funéraire de Téti, nous découvrons un plafond recouvert d’étoiles dorées sur un fond bleu, représentant le ciel. Derrière nous, le mur est recouvert de hiéroglyphes dont le détail est fou. Ali nous aide à en lire quelques uns, nous montrant notamment celui qui désigne Téti.
De l’autre coté, l’anti chambre, elle, est bien moins décorée. Elle servait autrefois à entreposer tous les objets de valeur et offrandes faites lors du décès du pharaon.

Une fois sortis de la pyramide de Téti, nous avons enchainé avec la visite du tombeau d’un de ses visirs, Kagemni à quelques pas de là. Et là, rien à voir avec l’intérieur des pyramides. Le mastaba se compose de sept salles qui sont gravées en relief avec des scènes, des paysages, des activités de la vie quotidienne comme la chasse et le harponnage. C’est ici notamment que Rudy a impressionné Ali en reconnaissant sans problème les différents dieux présents sur les murs.



Nous finissons la visite de la nécropole par le complexe funéraire de Djéser.
L’accès se fait par une porte aussi impressionnante que bien conservée. Vous vous demanderez d’ailleurs comment a-t-elle pu si bien passer au travers des millénaires? C’est parce que la majorité de Saqqarah était enfouie dans le sable jusqu’au milieu du 19e siècle.
La porte d’entrée débouche sur la salle des hypostyles. C’est un couloir où on retrouve 40 piliers de pierres, sculptés pour ressembler à des paquets de papyrus. Les murs y ont été restaurés, mais le plafond lui est moderne.




Il ne vous faudra que quelques minutes à peine pour le traverser et vous retrouvez comme nous, sans voix, face à la pyramide à degré de Djeser. À savoir, cette pyramide est, à ce jour, la plus vieille du monde.
C’est vers 2650 av. J.-C., que Djéser, souverain de l’Égypte antique, a fait appel à son architecte Imhotep pour la construction d’une tombe monumentale en pierre. L’architecte a commencé par concevoir un tombeau rectangulaire traditionnel, mais au fil de nombreuses modifications, il a évolué vers une forme pyramidale avec six paliers distincts, marquant ainsi une avancée architecturale significative.


Le monument final atteint une hauteur de 62,5 mètres, le classant aujourd’hui comme la 10e plus grande pyramide ancienne au monde.
Prenez votre temps lors de cette visite pour admirer ce chef d’oeuvre. Des récentes avancées archéologiques ont révélé la présence de 5 kilomètres de couloirs situés sous la pyramide, abritant notamment le tombeau de Djéser. Une partie de ces souterrains peut être visitée moyennant un supplément.
Pour finir notre visite de la nécropole, nous avons emprunté un petit escalier face à la pyramide pour prendre un peu de hauteur et de recul pour admirer une dernière fois le site dans sa globalité.

Sur la route retour pour notre hotel, Ali, notre guide, a voulu marqué un stop au Egypt Papyrus Institute. Nous avons pu en apprendre davantage sur le processus de fabrication du papyrus, de la récolte de la plante à la création de produits finis. Cependant, nous avons eu tout de suite une sensation de magasin attrape touriste et avons écourté dès que possible notre visite.
Pour finir cet article, je tenais encore à remercier notre guide Ali qui a rendu cette journée merveilleuse malgré la fatigue. A savoir, cette journée nous aura couté 60 euros pour le guide plus le prix des entrées et le repas de midi. Donc n’hésitez pas à discuter avec vos conducteurs de Uber / Taxi au Caire, peut être que vous aurez une belle surprise comme nous avec Ali.
Nous vous encourageons vivement à explorer ces deux sites incontournables. Si votre temps au Caire est limité, vous pouvez parfaitement combiner ces deux sites avec la visite des pyramides de Gizeh. Bien que cela puisse être une journée intense, une bonne nuit de sommeil la veille vous préparera à cette aventure mémorable.



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