Mon premier bivouac en altitude

C’était la première fois pour moi, non pas de marcher, ni randonner en montagne, mais de partir avec sur le dos tout le nécessaire pour dormir en altitude, d’être en autosuffisance le temps de 48 heures en pleine nature. Cette expérience je ne l’ai pas faite seul mais avec la bande de copains. En effet, nous étions 6 potes à partir à l’aventure, et pour deux d’entre nous c’était une grande première (coucou Julie).

L’idée de cet article aujourd’hui n’est pas seulement de vous raconter le weekend, mais c’est aussi de vous partager quelques conseils si vous souhaitez, à votre tour, vous lancer dans l’expérience du bivouac en altitude !

Avant toute chose, il faut savoir que la loi française ne parle que très peu du camping sauvage. Mais ce n’est pas pour cela que vous pouvez vous installer n’importe où ! Aussi, ne confondez pas bivouac et camping sauvage.

Pour rappel, le bivouac c’est installer sa tente ou un campement sommaire pour une seule nuit, du coucher du soleil au lendemain matin alors que le camping sauvage se définit comme le fait de s’arrêter au même endroit plusieurs jours.

Honnêtement, le plus simple pour savoir si là où vous partez, le bivouac est autorisé, et si oui dans quelles conditions, c’est de se renseigner en amont sur la réglementation du parc en lui-même.

Aussi, gardez en tête quelques règles simples :

  • Installez-vous à partir de 18h et soyez prêt à partir dès 9 h.
  • Ne laissez aucune trace de votre passage. 
  • Soyez discrets. Les gens qui font du bivouac ont généralement des grosses journées de marche dans les jambes et n’aspirent qu’à une chose le soir : dormir.

Commençons par un des éléments les plus importants du bivouac, j’ai nommé : le sac. Sachant qu’on passe plusieurs heures à marcher avec, il est important d’être bien équipé.e.s et de le choisir correctement. Mais qui ne s’est jamais retrouvé bête devant le rayon de sac à dos à ne pas savoir lequel choisir ?

En randonnée, avoir un bon sac à dos est tout aussi important qu’une bonne paire de chaussures : il faut impérativement qu’il vous convienne et pour ce faire, il faut prendre en considération plusieurs critères :

  • Votre morphologie.

Et oui, ce n’est pas juste une question de couleur avec les sacs bleus pour les hommes et les roses pour les femmes. Les sacs à dos de randonnée femme possèdent, en général, des longueurs de dos et de bretelles plus courtes et une ceinture ventrale plus large pour bien se positionner sur nos hanches. Les bretelles du sac sont quant à elles plus échancrées afin de ne pas passer sur la poitrine.

Aussi, une petite personne ne choisira pas le même sac à dos qu’e quelqu’un ‘une personne de 1m80 tant au niveau de la longueur du dos que de la forme : ça ne serait clairement pas pratique que le sac à dos dépasse au-dessus de notre tête…

  • Le matériel nécessaire au bon déroulement de votre bivouac. Il est nécessaire de faire une évaluation rapide de ce qu’il devra contenir dans le meilleur et dans le pire des cas (veste de pluie, couchage, réserves de nourriture, etc.).

Aussi, gardez en tête que comme pour tout voyage, on a toujours tendance à prendre plus que le strict nécessaire alors qu’en bivouac, il faut penser léger. On oublie alors tous les vêtements de “au cas ou”. D’ailleurs, votre poids et votre condition physique vous orienteront sur la charge que vous êtes capable de porter. Si l’on devait généraliser et trouver une règle absolue on vous dirait que le poids total du sac ne doit pas dépasser 15%-20% du poids du porteur. 

Maintenant que le sac est choisi, parlons de ce que l’on met dedans. Tout dépendra ici du niveau d’autonomie que vous désirez :

  • Autonomie totale : vous ne comptez que sur vous pour vous nourrir, vous hydrater et dormir.
  • Autonomie partielle : des points de ravitaillement sont prévus comme par exemple les repas en refuge ou l’accès à des sources d’eau potable.

Dans notre cas, nous étions en autonomie totale, nous avions donc avec nous tout le matériel de camping et de rando nécessaire : tente, sac de couchage, réchaud, vaisselle, alimentation et hydratation.

Pour dormir, avec Rudy, on s’est réparti l’ensemble du nécessaire :

Côté nourriture, nous avions besoin de prendre de quoi faire trois repas, dont le petit déjeuner, et les snacks. Avec Rudy, nous avons opté pour des raviolis frais, cuits en 3 minutes grâce aux réchauds. En autre option, et souvent utiliser lors de bivouacs pour son gain de place / poids, vous avez la nourriture lyophilisée. Son point fort ? Pas besoin de s’encombrer d’assiette au final car tout se mange dans le sachet directement !

C’est là aussi qu’on se rend compte que de partir à plusieurs, c’est quand même bien pratique. En effet, pas besoin de s’encombrer chacun d’un réchaud, en l’occurrence, nous en avions deux pour six. De même côté eau, nous avions deux gourdes filtrantes à dispo pour remplir l’ensemble des camels bags et autres gourdes de tout le monde au petit matin avec se reprendre la route. Personnellement, j’avais embarqué un camel bag d’une capacité de deux litres.

Puis, comme on n’était pas là pour souffrir, nous avions quand même pris de quoi se faire un petit apéro au bord du lac à base de saucisson, Chips & tomate.

Et pour s’habiller, on prend quoi . Clairement moi, que ce soit pour ce bivouac ou pour toute autre randonnée, j’opte toujours pour la technique de l’oignon afin de pouvoir aviser sur le moment en fonction de la météo (qui change vite, surtout en montagne).

De ce fait, j’avais avec moi :

  • Deux cyclistes Nike / T-shirts de sport
  • Des bonnes chaussettes de randonnées
  • Une brassière de sport
  • Un legging de sport (Oceans Appart je les adore!) et un haut thermique à manche longues qui m’auront servi la nuit
  • Un bon sweatshirt pour le soir
  • Ma doudoune légère Uniqlo
  • Et forcément, mes chaussures de randonnée (on oublie les baskets en montagne)

Pour finir, j’avais également avec moi une partie de mon matériel photo, et plus précisément, mon appareil Fujifilm XT3 avec seulement un objectif polyvalent (ça pèse déjà assez lourd comme ça) et ses batteries, une batterie externe pour recharger les téléphones et une lampe frontale (bien pratique une fois que la nuit est arrivée).

En tout, j’avais donc l’équivalent de 11 kg sur le dos (eau comprise), soit 18% de mon poids, ce qui est correct au vu de la règle citée plus haut dans l’article.

Fini le topo sur comment se préparer pour un bivouac en altitude, place maintenant à notre parcours. Avec les copains, on avait envie d’une échappée en pleine nature, loin de tout, le temps d’un week-end. C’est donc dans le massif des Arves qu’on a trouvé notre bonheur.

Direction le plateau d’Emparis, situé entre l’Isère et les Hautes Alpes. Comme point de chute pour la nuit, nous avons choisi le bord du lac Noir face au massif des Écrins. Pourquoi ce lac en particulier ? Parce qu’il est plutôt facile d’accès, ce qui est très bien pour une première expérience de bivouac et une première randonnée avec plus d’une dizaine de kilos sur le dos.

Tout démarre au village du Chazelet. Après avoir traversé le torrent du Gâ (qui était quasi à sec lors de notre passage), nous voilà à grimper une longue série de lacets pour atteindre l’immense zone de pâturages. L’entrée sur le plateau d’Emparis est marquée par le passage d’une clôture. S’ensuit ensuite la traversée de plusieurs vallons. Le paysage est à couper le souffle, la vue sur les Ecrins est juste dingue.

En été, avec l’herbe bien séchée, le plateau prend des airs de steppe mongole, sans un pet d’arbre à des kilomètres à la ronde. Quelques longues minutes de marche plus tard, on trouvera enfin sur la gauche un panneau indiquant le sentier qui monte au lac Lérié.

Un premier arrêt pour profiter de la vue avec le reflet des Écrins et de la Meije dans le lac, reprendre notre souffle avant de repartir pour les dernières minutes de notre randonnée du jour.

Dix minutes suffisent pour rejoindre le lac Noir, et, après avoir été happé par la beauté du lieu avec les copains, on remarque rapidement le nombre de tentes déjà installées autour du lac. On s’amuse à les compter, et ce ne sont pas 10, ni 20, mais bien quasi-40 tentes qui ont été monté pour la nuit.

Malgré cela, on arrive à se trouver un endroit au calme où nous pourrons installer l’ensemble de nos tentes.

Une fois les tentes installées, les lits préparés et nos pull / vestes enfilées pour contrer la fraicheur qui arrive, on assiste aux jeux des lumières du soleil couchant sur le paysage. Les Ecrins se parent de dorure, rosissent. Les derniers rayons embrasent les sommets. Ces instants magiques valent tous les spectacles du monde!

Place à l’apéro et au diner chaud avant de se coucher et reprendre des forces pour la seconde journée de cette sortie en altitude.

Après une nuit fraîche (et ce malgré les vêtements et duvet chauds), on ouvre la toile de tente et on admire encore une fois la beauté du paysage qui nous entoure. Des lumières tellement différentes de celles de la veille.

Pour le retour, plusieurs options s’offrent à nous vu le nombre de sentiers possible. Nous prenons la direction du col du souchet, traversons un pâturage occupé par un troupeau de vaches et longeons plusieurs lacs desséchés… Entre ça et le torrent quasi à sec, on remarque clairement les prémices du réchauffement climatique.

Une fois au col du Souchet, on retrouve la vaste cuvette bosselée et verdoyante du plateau d’Emparis. En continuant un peu, on commence à apercevoir le parking au loin. Il semble si proche. Pourtant, il nous reste encore 3 km à parcourir toujours avec nos 12 kg sur le dos et avec un soleil qui cogne depuis le réveil.

Une fois de retour au Chazelet, on remplit de nouveau nos gourdes et camel bags au niveau de l’école de ski avant de reprendre la route pour rentrer.

Au final, nous aurons parcouru un total de 16 kilomètres avec un dénivelé positif de 850 mètres dans le cadre de ce bivouac. Une première expérience, au top avec les copains, et enrichissante pour préparer encore mieux les prochains weekends bivouac.

Et vous, avez vous déjà tenté l’expérience du bivouac ? Si oui, quels ont été vos endroits favoris ?

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