Pour notre première étape aux Philippines, direction Banaue et Batad, dans la province d’Ifugao, au nord du pays. Nous y avons fait un trek de 2 jours dans des rizières millénaires classées à l’Unesco. Elles sont même considérées comme la 8ème merveille du monde ! Rien que ça.
Qu’on se le dise, le nord des Philippines se mérite. Après déjà un train de Lyon à Paris, puis deux vols pour rejoindre Manille… nous voilà à enchaîner avec 9h de trajet de bus de nuit depuis la capitale. Oubliez la conduite douce et délicate, les chauffeurs philippins sont plutôt connus pour se prendre pour des pilotes de F1.
On a acheté nos places de bus sur le site Ohayamitrans avant le départ. Comptez environ 60€ pour 2 personnes l’aller-retour. Le départ se fait aux alentours de 22h depuis la gare routière de la compagnie à Manille. Prévoyez une veste pour contrer la clim et des boules Quies pour maximiser les chances de dormir ! Pas de WC dans le bus, mais des arrêts plutôt fréquents. Les guides nous attendaient à la sortie du bus. À l’arrivée, il faut s’enregistrer et payer une écotaxe de 50 PHP/personne (environ 1€).
Au total, ce n’est pas moins de 40 heures de transport depuis Lyon qu’on aura enchaînées pour rejoindre Banaue. Je ne vous explique pas notre état de fatigue en ce début de voyage. On s’en doutait bien. C’est donc pourquoi nous avions préféré prévoir un jour de repos à Banaue avant de commencer l’aventure du trek. Nous avons pu en profiter pour nous reposer, dormir, essayer de nous ajuster un peu au décalage horaire et visiter Banaue.



Surtout que cette journée, la météo n’était pas clémente. On pensait beaucoup à ceux qui avaient enchainé le trek avec la nuit dans le bus …
Je pense qu’il est tout à fait possible de s’organiser soi-même pour le trek. Cependant, pour ne pas stresser, nous avons fait appel à Justin Addug. Ce dernier est très recommandé sur les nombreux groupes Facebook et blogs/forums. Et vraiment, nous n’avons rien à redire !
Trek – Jour 1 : De Banaue à Cambulo
Après une bonne nuit de repos et un petit déjeuner, il est l’heure de rentrer dans le vif du sujet. À savoir, nous avons pris avec nous simplement le nécessaire pour les deux prochains jours. Le reste de nos affaires est resté à l’hôtel.
Notre guide, Job, est venu nous chercher directement. C’est avec un magnifique « En avant de Guingamp » qu’il nous a invités à monter dans le van. Ça nous a beaucoup fait rire, sachant que mes parents habitent près de Guingamp justement.
Nous y avons retrouvé un autre couple de Français avec qui nous allions partager cette belle aventure, Héloïse et Romain. Deux Niçois avec qui le courant est de suite super bien passé. Nous sommes toujours en contact avec eux à ce jour.

Avant de rejoindre le point de départ de la randonnée, nous nous sommes arrêtés au point de vue d’Aguian. Histoire de commencer à en prendre plein les yeux. On décide même de prendre de la hauteur avec le drone tellement le paysage est splendide.
Puis, il a été l’heure de se lancer dans le vif du sujet. Nous voilà partis sur les chemins en terre et cailloux qui traversent la luxuriante forêt philippine. Job nous explique que des ouvriers travaillent actuellement sur la construction d’une route moins dangereuse. Car à ce jour, les enfants empruntent encore ce chemin chaque semaine. Bien qu’il y ait une école à Cambulo, dès que les enfants arrivent au collège, ils doivent rejoindre Banaue. Chaque dimanche, ils empruntent donc ce chemin, chargés de leurs affaires d’école, vêtements, nourriture… voire même de bois pour se chauffer et cuisiner ! Et chaque vendredi, après l’école, ils reviennent dans leur village pour aider leur famille dans les rizières. On se dit qu’on n’a vraiment pas eu la même enfance que ces locaux…
Tout au long du chemin, notre guide aura mastiqué du « moma ». Cette plante qui fait des ravages dans la région. Une grande partie des hommes en ont les dents terriblement rougies et abîmées. Pour le coup, j’avais même cru au début que notre guide avait la bouche en sang !



Nous nous arrêtons au niveau du point de vue de Pula pour manger le pique-nique préparé par notre hôtel après 4 heures de marche. La vue est splendide encore une fois et on voit de plus en plus de rizières. On a aussi la chance de pouvoir observer beaucoup de locaux s’occuper de leurs parcelles. Des très jeunes, comme des beaucoup moins jeunes.
En effet, on aura croisé une grand-mère de plus de 80 ans perchée sur une petite échelle en bois. Elle était en train de désherber sa rizière. Elle était tellement pliée en deux qu’on se demandait si elle pouvait encore se tenir droite… eh bien oui ! Quelle santé.



Il faudra compter encore 2 heures de marche à peu près pour rejoindre le village de Cambulo. C’est là où nous passerons la nuit. Sur les dernières centaines de mètres, les pas se font plus lourds du fait de la fatigue. C’est alors que notre guide nous sort encore une expression de nulle part avec un magnifique « ça va ma c*uille? » dans un français impeccable. Je ne vous explique pas le fou rire que nous avons eu.
Il nous aura vraiment fait rire toute la journée avec ses expressions françaises. Il disait « c’est la gadoue » ou « bouillasse » dès qu’on passait des zones détrempées par les intempéries des derniers jours.




Pour la petite histoire, on se retrouvera à dormir là où les équipes de TF1 étaient venues quelques semaines plus tôt pour tourner, avec Justin comme guide, un reportage sur cette magnifique région des Philippines. La douche aura fait tellement de bien après cette longue journée. Au total, ce n’est pas moins de 21 km qu’on aura parcourus en cette première journée.
Clairement, on méritait bien un petit apéro à la guest house. Et c’est armés de nos boissons que nous avons rejoint l’école du village. Les enfants nous ont offert un medley de chansons internationales mais aussi une belle sélection de classiques français. Pour finir, ils nous auront invités à les rejoindre pour une danse.
Après cette parenthèse avec les petits, on a englouti notre dîner histoire de reprendre des forces. Nous n’aurons pas fait long feu ensuite pour rejoindre les bras de Morphée.
Trek – Jour 2 : De Cambulo à Batad

Après un bon petit déjeuner, nous voilà prêts à repartir sur les chemins de randonnée. On quitte donc Cambulo, avec quelques courbatures de la veille tout de même, pour rejoindre petit à petit Batad. Job nous propose régulièrement de faire des pauses, mais nous sommes en forme et enchaînons donc les mètres et marches.
Lors du seul arrêt avant de rejoindre le premier point de vue de la journée, nous montrons quelques photos de nos belles Alpes à Job. Je trouve ça fou de me dire que notre guide n’a jamais vu la neige… Je m’étais fait la même réflexion lors de notre séjour à l’oasis de Siwa en Égypte. Nous sommes chanceux d’avoir une certaine facilité pour découvrir le monde. Cela est comparé à d’autres.





Peu de temps après, on arrivera à un point de vue époustouflant. Vraiment, il n’y a pas d’autre mot pour décrire ce décor. Nous voilà face à ce qu’on surnomme « les marches qui mènent au paradis ».
Après en avoir pris plein les yeux, on décide avec notre guide de découvrir la cascade de Tappia. Ce n’est pas une obligation d’aller la voir lors de votre trek, mais on vous le recommande fortement.
La cascade est belle et impressionnante. Il est tout à fait possible de s’y baigner, même si l’eau est très fraîche. Ce qui ne fait pas de mal après avoir subi le soleil depuis le début de la journée. Soyez tout de même prudents, le courant y est puissant. Cette cascade se mérite, surtout au retour où vous devrez remonter les 700 marches qui y mènent. Des marches qui font parfois jusqu’à 40 cm de haut.

Une fois en haut de ces marches, ce n’est pas fini. C’est parti pour monter et descendre plusieurs dizaines (centaines ?) de marches pour rejoindre notre lieu de déjeuner via des murets le long des rizières. Le tout en direction du Hillside Inn & Restaurant. On n’aurait pas pu avoir meilleure vue pour profiter du déjeuner.
Avant de finir le trek, nous essayons des costumes traditionnels, photos à l’appui ! (pas assumées sur ce blog)
Il nous restera seulement 30 minutes de marche avant de retrouver notre van pour rejoindre Banaue. Au total, ça aura été quasi 15 km de randonnée pour ce second jour de trek.


On récupère alors nos sacs à dos laissés la veille à l’hôtel et profitons de quelques minutes pour prendre une bonne douche. Puis, alors qu’il est environ 17h, nous regagnons le bus pour le retour sur Manille. C’est reparti pour 9 heures de route. Aussi drôle que ce soit, le bus est quasi rempli de Français. Ce qui nous permet de débriefer de nos expériences.
Pour la petite anecdote, dans le bus, je me rends compte que le nom de famille d’Héloïse m’est familier. Je lui demande donc si elle connaît la personne à qui je pense et oui, c’est son cousin ! Le monde est donc si petit. Je me retrouve au fin fond des Philippines avec la cousine d’un ami d’enfance.
En conclusion, ce trek à Banaue et ses environs figurera parmi nos plus beaux souvenirs de voyage. N’hésitez plus à l’inscrire dans votre itinéraire de voyage aux Philippines ! Foncez, vous ne regretterez pas le moins du monde les 18h00 de bus chaotiques et les kilomètres de randonnée avalés. Tant humainement qu’au niveau des paysages admirés, l’expérience a été en tous points remarquable et indélébile.
Et puis vraiment, on aurait pas pu avoir un meilleur binôme pour partager cette escapade dans les rizières.

Quoi mettre dans son sac à dos ?
Essayez de ne pas trop vous charger car vous allez marcher de longues heures avec pas mal de dénivelé.
Pensez à la crème solaire, à la casquette, à un imperméable, quelques affaires de toilette et des vêtements de rechange. Surtout des vêtements qui sèchent vite et bien, car dans cette région, l’humidité est très présente.
Enfin, on vous recommande d’avoir de bonnes chaussures de randonnée (même si notre guide était lui en tongs !).
Coté prix, ces deux jours de trek nous auront coutés 4 500 pesos philippins chacun (soit 75 euros) pour les 2 petits déjeuners, deux déjeuners, le diner, la nuit à Cambulo et bien sur, le guide.
Si vous avez plus de temps à consacrer à cette région des Philippines, sachez que pas loin, vous pourrez :
- Découvrir Sagada : ce village est connu pour ses rites funéraires étonnants. Là-bas, on n’enterre pas les morts, on suspend les cercueils à flanc de falaise… J’espère que les défunts n’ont pas le vertige !
- Aller à la rencontre d’Apo Whang-Od, une tatoueuse de 106 ans. Elle est reconnue pour faire perdurer la tradition ancestrale du tatouage tribal « batok ». Il faudra rejoindre le village de Buscalan, accessible seulement en faisant une randonnée pédestre à 1,5 km sur un chemin de terre. Pour se faire tatouer par elle, les gens viennent de toutes les Philippines et d’ailleurs.
Nous espérons que notre récit vous aura donné envie de découvrir cette magnifique région des Philippines. Si vous avez des questions ou besoin de conseils pour organiser votre trek, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire. Nous serons ravis de vous aider à préparer votre propre aventure.
Aussi, on est preneur de recommandations si vous avez fait des trek ailleurs dans notre beau monde. On est toujours à la recherche d’inspiration pour nos prochains voyages avec Rudy.

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