L’oasis de Siwa, la perle du Sahara en Egypte

Posons le décor dès le début de cet article : l’oasis de Siwa a été un énorme coup de coeur pour nous ! En même temps, qui n’a jamais rêvé des mers de sable au milieu du Sahara, de dunes immenses qui rencontrent un océan de verdure au beau milieu de nulle part.

L’oasis de Siwa, qui est reconnu réserve naturelle depuis 2002, se situe à quelques kilomètres à peine de la frontière avec la Lybie, au beau milieu du désert occidental.

Au vu de sa localisation, vous comprendrez que cette perle du désert se mérite ! Il nous aura fallu 8/9 heures de bus pour la rejoindre depuis Alexandrie et pas moins de 12 heures pour rentrer ensuite jusqu’au Caire en bus de nuit. Petits conseils, n’oubliez pas les boules-quies, masque de nuit, tour de cou ou encore une tenue confortable et relativement chaude (coucou la clim à fond) pour avoir un minimum de confort. Aussi, comptez environ 8 euros par personne par trajet.

À savoir : Une autre option est de partir avec un chauffeur privé via agence, certainement plus confort comme option mais aussi bien plus couteuse.

En tout cas, cet isolement fait que Siwa semble encore épargnée du monde moderne jusqu’à présent. Pour dire, la la route goudronnée pour rejoindre l’oasis a ouvert ses portes en 1984. Le tourisme arrive peu à peu, mais le temps semble s’y être arrêté. Les maisons sont construites à la chaud, les routes sont en sable et les gens se déplacent en tuk tuk, mobilette ou encore charrette tirée par les ânes. Nous sommes bien loin des oasis aux complexes hôtelier immenses et cimentés pour notre plus grand bonheur.

Afin d’optimiser notre temps sur place, nous avons choisi de faire confiance à un guide local sur qui nous avions lu de nombreux éloges en ligne, Mohammed. Clairement, nous n’avons pas été déçus, loin de là, Mohammed étant surement la plus belle rencontre que nous avons eu de ces deux semaines en Égypte.

Après une arrivée sur les coups de 7 heures du matin, un rapide dodo à notre hotel, le Panta Lodge Hotel (avec un gérant aussi au top!), pour recharger les batteries après une nuit quasi blanche dans le bus, c’est vers 10h que Mohammed nous a récupérés pour commencer les visites avec comme premier arrêt les lacs salés de Siwa.

Comme au Salar de Uyuni en Bolivie, la région de Siwa se trouve sur le site d’une ancienne mer. Une mer qui a laissé des traces, que ce soit le sel qu’on retrouve en creusant un peu ou les fossiles qu’on verra plus tard dans la journée perdus au milieu des dunes de sable.

Il ne faudra qu’une dizaine de minutes en voiture depuis le centre, où nous avons récupéré Lola, une française en visite également, pour rejoindre des petits bains naturels à forte teneur en sel. Certains ont une eau translucide, d’autres beaucoup moins. Mohammed nous expliquera alors que cela est principalement dû à l’exploitation du sol et l’évaporation de l’eau.

Une fois trouvé le bain qui ferait notre bonheur, Mohammed nous a invité à nous y glisser. La sensation est folle. Impossible de couler tellement la concentration en sel est forte. On flotte, comme dans la mer morte, et on croirait presque ne plus savoir nager quand on est sur le ventre tellement les jambes sont poussées vers le ciel.

Nous y passerons bien deux heures entre baignade et encas au bord du lac à l’ombre du 4×4 de notre guide sur lequel il n’aura pas hésité à monter pour nous prendre en photo. J’aurai adoré avoir mon drone à ce moment là mais, sachant la législation pour ces engins en Egypte très complexe, j’avais préféré le laisser à la maison.

Le soleil n’aura pas mis longtemps à sécher nos peaux une fois sortis de l’eau et laissé le sel comme dessiner des motifs blancs sur notre peau. Afin de nous rincer, Mohammed avait la solution parfaite.

Deux salles, deux ambiances, après les eaux salés de Siwa, place aux eaux thermales des bains de Cléopâtre. Une vraie la piscine naturelle appelée ainsi du fait qu’il est dit que Cléopâtre y aurait nagé. L’eau est si limpide avant notre entrée. En effet, le sel encore présent sur notre peau dessinera comme un nuage blanc dès notre entrée dans l’eau. Mais on n’aurait pas pu rêver mieux pour se rincer que cette eau pure et chaude.

Pour respecter le programme et surtout le timing, nous n’avons pas pu rester longtemps lors de cette première journée à Siwa au bain. de Cléopâtre, mais nous sommes revenus le lendemain après quelques visites afin de profiter d’une des nombreuses terrasses pour de très bons cocktails maisons. Cet endroit est vraiment parfait pour se reposer.

Revenons à notre première journée et, après nous être rincés, séchés et rhabillés, nous avons pris la route pour le déjeuner. Direction chez Abdu Restaurant qui sera notre QG pour presque tout le voyage et qui est selon nous, une vraie institution du centre de Siwa.

Tout ce qu’on y aura mangé nous aura plus. Une cuisine locale, simple et très gouteuse qu’on aura adoré et ce même mal installés dans le bus le lendemain soir, n’ayant pas eu le temps de diner dans l’établissement avant le départ de notre bus pour le Caire.

Mention spéciale pour les « kofta », de la viande hachée, façonnée sous forme de boulettes (presque saucisse) agrémentée de persil, d’oignon et d’épices. Un vrai délice, tout comme le tahini, une crème de sésame dont Rudy est tombé fou. Tout était tellement bon qu’on pourrait aussi vouer des louanges au couscous, accompagnements et pain baladi.

C’est aussi lors de ce premier déjeuner que nous avons dit au revoir à Lola. Après plusieurs jours à Siwa, c’était l’heure du retour à la capitale pour elle. Pour nous, c’était un tout autre programme qui nous attendais, direction la mer de sable.

Certainement un des moments qu’on attendait le plus avec Rudy. Nous savions qu’en nous rendant à l’oasis de Siwa, nous allions vivre l’expérience d’un safari dans les dunes du Sahara. Des dunes à perte de vue qui peuvent atteindre jusqu’à 250 mètres.

Pour faire simple, on a littéralement adoré ! Et encore le mot est faible.

Après avoir payé nos droits d’accès (25 euros par personne), Mohammed nous a fait passé un moment extra. Dune après dune, de haut en bas, c’est les mains bien agrippées aux poignées du Land Cruser qu’on traversait le désert du Sahara.

À savoir : les guides doivent être accompagnés d’un militaire pour avoir le droit de pénétrer cette zone.

Une expérience de fou qui nous a permis de se rendre compte de ce que le désert a à offrir, de son immensité et de ses points de vue époustouflants.

Aussi surprenant que ce soit, perdus au milieu de toutes ces dunes, nous avons trouvé deux oasis, l’une avec de l’eau chaude et l’autre avec de l’eau froide. Certains s’y sont aventurés, nous, nous n’arrivions pas à décrocher nos yeux des dunes et de leur immensité.

Mohammed est un conducteur hors paire qui, je pense, s’amusait tout autant que nous, voire plus encore. Il devait s’amusait aussi de nous et de nos réactions. Il n’a pas hésité à nous faire vivre de vraies émotions en s’attaquant à des dunes tellement hautes qui s’enchainaient avec des pentes quasiment verticales.

C’est au milieu de ces dunes que nous nous sommes arrêtés pour s’essayer à l’activité phare du désert : le sandboard. Vous voyez le snowboard ? C’est la même chose mais à la place de la neige, c’est sur du sable qu’on dévale les pentes. Comme le reste de la journée, nous avons adoré, et nous sommes prêtés au jeu plusieurs fois jusqu’à ce que nos jambes ne puissent plus remonter les dunes. Car clairement, c’est physique !

Pendant qu’on s’amusait, et alors que le soleil tombait petit a petit, Mohammed avait sorti un grand tapis et fait un feu, là, au milieu de nul part. Un moment magique durant lequel on a pu voir le sable passé du jaune à l’orangé jusqu’au rouge violacé. Le tout, avec un thé tout juste fait sous nos yeux et quelques petits snacks locaux.

Un moment qu’on revivra également dans les déserts blanc et noir plus tard dans notre voyage. Des déserts qui nous offrirons des paysages totalement différents de celui dans lequel nous nous trouvons ici aux abords de Siwa.

Un vrai instant suspendu avant de reprendre la route pour le centre de Siwa et savourer un délicieux poulet aux olives et citron sur le toit terrasse du Albabenshal Lodge Siwa. Un hotel qui offre une magnifique vue sur Siwa de nuit et sur la Forteresse de Shali que nous découvrirons le lendemain.

Après une nuit plus que reposante dans un lit plus désiré et un petit déjeuner complet délicieux qui nous aura fait découvrir le zaatar, un mélange traditionnel d’épices et de plantes aromatiques du Moyen Orient, qui se compose de thym, graines de sésame et sumac, nous voilà prêts pour notre seconde, et dernière, journée à Siwa.

Aujourd’hui c’est Youssef, le frère de Mohammed, qui nous accompagne. Premier arrêt, la montagne des morts. Située tout près du centre-ville, on retrouve une colline calcaire truffée de tombes datant de la 13ème dynastie. Toutes n’ont toujours pas été fouillées et beaucoup ont été pillées et vendues aux visiteurs étrangers.

Les tombes de cette nécropole comportent en général une entrée avec des niches ainsi qu’une pièce qui contenait autrefois le sarcophage.

Les 3 tombeaux les plus célèbres sont : 

  • le tombeau du crocodile
  • le tombeau de Si-Amon
  • la tombe de Mesu-isis

Nous avons été émerveillés par la beauté et les détails des fresques encore présentes sur les murs des tombeaux. Vous en prendrez aussi plein les yeux dès la sorties des tombeaux, quand vous vous retrouverez face à une vraie palmeraie comptant des centaines, voire milliers, de palmiers dont le vert contraste parfaitement avec la couleur sable du reste du paysage.

Peut être que cet endroit vous semblera familier aussi si vous aimez les jeux vidéos car le célèbre jeu Assassin’s creed l’a pris comme décor pour l’un de ses tableaux. On se demande d’ailleurs si les habitants de Siwa sont au courant de cela ?

En bonus, c’est aussi ici qu’on aura eu la chance de croiser un fennec, petit renard du désert, très furtivement tellement cet animal sait être discret et rapide.

Notre visite se poursuit par la découverte du temple de l’Oracle d’Amon. Ce temple est aussi appelé « le temple d’Alexandre le Grand ». Selon des écrits, Alexandre le Grand se serait rendu jusqu’à Siwa pour rencontrer l’oracle d’Amon.  Celui-ci l’aurait déclaré fils d’Amon lui permettant ainsi de devenir Pharaon et lui assura aussi qu’il serait toujours victorieux. Ce qui l’a – peut être – aidé dans sa conquête de l’Égypte où il fonda Alexandrie.

À savoir : un oracle est une personne recevant des réponses ou signes de divinités. Elle est aussi consultée par la plupart des personnalités publiques et importantes.

Les ruines de ce temple sont splendides. Aussi, du fait de son agrandissant sous le règne d’Alexandre, on y retrouve à la fois les styles architecturaux grec et égyptien.

Sur la route menant au temple de l’Oracle d’Amon, nous avons également observé les ruines de l’un des temples les plus anciens de la région, le Temple d’Umm Ubayd. Ici, il ne reste vraiment plus grand chose, mais au vu des détails encore présent, on peut se douter de la beauté du monument lorsqu’il était encore entier.

Avant d’aller nous reposer au bord de la piscine de l’hotel le temps de quelques heures nous avons fait un rapide arrêt à la montagne de Dakrur. Ici ce n’est pas tant ce qu’il y a à voir qui compte, mais plus ce qu’on apprend de la culture Siwi. Les habitants de Siwa s’y retrouvent, par milliers, pour le festival du Siyaha. Une fête annuelle qui durent 3 jours au moment de la pleine lune d’octobre.

Un rituel qui date de plus de 160 ans, après la fin des guerres et des différends entre les tribus occidentales et orientales. Aujourd’hui on y célèbre les récoltes, les amitiés et on y règle les querelles qui ont éclaté au cours de l’année précédente.

Sur la route pour notre hotel, nous nous sommes arrêtés dans une maison où nous avons pu découvrir le travail de couture et broderie des femmes et jeunes filles de la ville. C’est ici le seul endroit d’ailleurs où l’on aura eu l’occasion d’échanger, malgré la barrière de la langue, avec une jeune femme..

Après deux heures au bord de la piscine, nous voilà parti pour visiter le dernier monument de Siwa. Direction le centre ville, là où après avoir traversé le souk, nous trouvons les ruines de la forteresse de Shali .

Cette forteresse a été construite au 13e siècle pour protéger les Berbères de l’invasion bédouineConstruite à partir d’un matériau connu sous le nom de kershef (mélange d’argile, sel et pierre), elle s’est effondrée en 1926 après trois jours de fortes pluies. Les habitants ont dû la quitter et trouver un autre lieu de vie.

Après plusieurs décennies, la forteresse a été rénovée en suivant les techniques de construction ancestrales. Lors de son inauguration en 2020, la citadelle antique de Shali a été définie comme haut lieu du tourisme responsable par le ministère des Antiquités égyptiennes.

2020 … encore la preuve que l’oasis était encore coupé du reste du monde il y a peu de temps.

Pour finir ces deux jours, aussi intenses que fabuleux, à Siwa, Youssef nous a conduit à bord de on mini van tapisser de moquette bob l’éponge sur la presqu’île de Fatnas, au bord du lac Birket.

On traverse une variété d’arbres, bananiers, dattiers, oliviers, etc… pour se retrouver là, assis au bord de l’eau à profiter d’un merveilleux couché de soleil tout en sirotant un délicieux jus de fraise. Un vrai moment suspendu qui nous a permis de profiter de cette perle au milieu du désert jusqu’aux dernières minutes.

L’heure du retour au Caire approchait à grand pas. Nous avons donc pris la direction d’Abdu restaurant pour un dernier repas. Mais comme expliqué plus tôt dans cet article, vous aurez compris que le timing était serré et que c’est. à bord du bus que nous avons déguster notre mix meat.

Avant de monter dans le bus nous avons retrouvé Mohammed, qui nous avait aussi rejoint l’heure du déjeuner pour savoir si tout allait bien. Il avait les bras chargé de cadeaux pour nous. Une lampe de sel, typique de la région ainsi qu’un foulard brodé par les femmes de Siwa.

Après les avoir encore remercier pour cette parenthèse de 48 heures qui avait été bien au delà de nos espérances, nous avons quitter, le coeur lourd, ces deux frères à qui nous repensons encore souvent.

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, je vous félicite car bien que nous n’ayons passé que deux jours sur place, il m’était impossible d’écrire moins sur l’oasis de Siwa. Et comme vous l’aurez compris nous avons pu en profiter autant aussi grâce à Mohammed et Youssef qui ont été parfaits tout au long de notre – court – séjour.

En plus d’un programme complet et des explications pour chacune de nos visites, nous avons adoré leur disponibilité d’échanger sur nos différents styles de vie, différentes coutumes ou encore croyances. Les sujets comme la religion ou encore la place de la femme dans la société de Siwa n’ont pas suscité le moindre gène, les deux frères ayant compris que notre but était d’en apprendre plus sur eux et non pas de faire preuve de curiosité mal placée.

Pour les contacter, n’hésitez pas à écrire à Mohammed via Instagram sur le compte @oasisnaturallife ou par whats app au +201091031351.

Et, pour la petite anecdote, Mohammed est tellement reconnu en tant que guide à Siwa qu’il a récemment reçu et accompagné le Roi Charles et sa compagne lors de leur séjour dans la région.

Alors, cet article vous a donné envie de découvrir ce petit paradis qu’est Siwa ?
N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez des questions ou des retours d’expériences à partager avec nous ♥️

2 réponses à « L’oasis de Siwa, la perle du Sahara en Egypte »

  1. Encore merci Aurore de nous avoir donné le contact de Mohamed pour découvrir Siwa. Nous avons passés deux jours, rapides mais magiques, avec Mohamed et son frère Youssef 😍 Siwa est vraiment un lieu superbe que je souhaite à tout le monde de visiter (avec Mohamed bien sûr !) 😜

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    1. Je suis ravie que vous ayez passé un bon moment sur place avec Mohamed et son frère. Deux perles au milieu du désert 🤩

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